Laure Lagarde, l'essentiel sans effort

Fondatrice d'Emily's Pillow, une marque de soie naturelle dédiée au soin de la peau, des cheveux et du sommeil, Laure Lagarde a pris un virage inattendu après dix ans dans l'aéronautique. Un grand écart en apparence — mais une même exigence au fond : créer des choses concrètes, bien faites, qui servent vraiment.

Mère de deux enfants, elle pilote aujourd'hui son activité depuis Montréal, où elle s'est installée en 2023, avec une équipe restée en France. Un équilibre qu'elle a choisi, et qu'elle assume pleinement. Portrait d'une entrepreneuse qui croit aux petits gestes du quotidien — ceux qui changent quelque chose sans qu'on ait à y réfléchir.

Quel rapport entretenez-vous avec votre peau ?

Un rapport attentif, mais pas anxieux. Je ne suis pas dans les rituels à quinze étapes ni dans la quête de perfection. J’ai appris à écouter ma peau plutôt qu’à la corriger en permanence. Elle dit beaucoup de ce qu’on lui impose : le manque de sommeil, le stress, les mauvaises habitudes qu’on accumule sans s’en rendre compte. J’essaie de lui rendre la vie simple et cohérente. Peu de produits, mais les bons, et une vraie régularité. C’est tout.

Emily’s Pillow est née d’une contrainte physique. Comment une chute de cheveux devient-elle le point de départ d’une marque ?

C’était d’abord quelque chose de très personnel, une chute de cheveux progressive, l’alopécie androgenetique, qui m’a amenée à chercher des solutions, et à découvrir la soie naturelle presque par hasard. Ce qui m’avait frappée, c’était l’absence de marques qui la proposaient de manière accessible, bien designée. Il y avait un vrai vide. Alors j’ai fait comme j’ai toujours fait : j’ai testé, j’ai lancé.

J'aie de suite parlé des bénéfices que j’avais moi-même expérimentés. Je crois que cette transparence par l’exemple a été un des facteurs de confiance de la marque. 

La première année, on a fait un million d’euros de chiffre d’affaires. Je n’avais pas vraiment de plan. C’était une intuition que j’ai concrétisée.

Quelle est votre routine skincare du moment ?

Le soir, je démaquille avec l’huile nettoyante Soin De Soi, j’aime la texture, le fait que ça ne tire pas la peau. Ensuite la Crème Riche PERS qui est parfaite ici pour chouchouter ma peau, que j’utilise depuis longtemps et dont je ne vois plus comment me passer. Une à deux fois par semaine, le masque LED. Ça accélère un peu la récupération cutanée. Le matin, la crème solaire Caudalie avant de sortir, systématiquement. Évidemment, je dors sur ma taie d’oreiller en soie Emily’s Pillow et je porte mon masque de nuit. Ce n’est pas de la mise en scène, c’est vraiment ce que je fais, tous les jours.

Je suis convaincue qu’il n’y a pas un produit miracle mais que c’est l’association des bons éléments qui amènent à des résultats

Vous avez misé sur ce qui se passe pendant le sommeil. Comment voyez-vous la nuit comme un soin à part entière ?

La nuit, c’est huit heures où la peau travaille sans interruption — régénération, récupération, hydratation. On passe un tiers de notre vie à dormir et on optimise rarement ce temps-là. C’est là que tout se joue, en silence. La soie naturelle, concrètement, ne frotte pas, ne crée pas de friction sur la peau, ne retient pas l’humidité. Ce n’est pas de la magie, c’est une matière bien choisie, au bon endroit, au bon moment. J’aime l’idée que le soin peut être passif. Qu’on n’a pas besoin d’ajouter une étape de plus, juste de mieux habiter le temps qu’on a déjà.

Être bien dans sa peau, pour vous, ça veut dire quoi ?

Ne plus y penser. Quand je suis vraiment bien dans ma peau, je ne surveille rien, ni mon corps, ni ce que les autres perçoivent. Je suis juste là, pleinement à ce que je fais. C’est un état de légèreté, pas d’effort. Pour y arriver, j’ai besoin de dormir, de bouger, d’être dans des projets qui me stimulent. La peau suit, en réalité. Elle reflète cet état. Je ne dissocie pas le bien-être intérieur de ce qu’on voit à l’extérieur,  l’un nourrit l’autre, toujours.